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2.
Le massage.
À trois heures je frappe à la porte de son
bungalow. Il me parlait
à midi des massages qu'il faisait et, confiante, je lui demande
maintenant s'il pourrait envisager de me faire un massage total plutôt
que de se concentrer sur les épaules. Il est ravi, il m'explique que
c'est une de ses passions dans la vie, et que bien des amis ou des
parents venaient régulièrement se faire masser chez lui.
Nous n'avons comme table de massage que le large lit de sa
chambre. Pas assez ferme pour une table de massage, et une dizaine de
centimètres trop bas pour une bonne position, mais faute de mieux il
faudra s'en contenter. Quand il revient de la salle de bains, les mains
et les avant-bras soigneusement lavés et séchés, portant la fiole
d'huile de massage à laquelle il a ajouté une pointe d'essence végétale
qu'il avait achetée la veille, je l'attends nue, ayant fait glisser au
sol le seul vêtement que je portais, une petite robe d'été toute simple
; je ne l'entends même pas entrer, je suis en train d'admirer la photo
de sa femme qu'il avait disposée sur sa table de nuit, une mignonne
petite blonde aux cheveux longs, dont on devinait les hanches un peu
lourdes à travers une jupe large. Je m'étends sur le lit, bien au bord,
couché sur le ventre, les mains remontées au-dessus de la tête. Luc
semble avoir du mal à garder son calme, je le vois respirer deux ou
trois grands coups, et puis au travail : il commence à me masser.
Je sens le large mouvement de ses mains bien à plat sur mon dos,
le mouvement est ample et agréable, très sûr. Du coin de l'œil je le
regarde ; il travaille trop loin du lit, penché en avant dans une
position qui va finir par lui faire mal aux reins. Je lui dis qu'il n'a
pas l'air d'avoir trouvé la bonne position, sans doute à cause de la
faible hauteur du lit. Oui, mais il y a autre chose : il m'avoue qu'il
a peur de tacher son short avec l'huile. Ce short est le seul qu'il ait
apporté dans ses bagages, et il craint de le salir. Il ne sait pas
comment se placer par rapport au lit pour éviter ce risque car,
m'explique-t-il, chez lui il s'est acheté des costumes blancs de coton
très léger, comme en portent les kinés : une fois tachés, un tour de
machine à laver, un petit coup d'essoreuse et ils sont secs et
impeccables le lendemain.
Un peu surprise et amusée en même temps, je lui demande : "Dis,
Luc, tu mets vraiment un costume pour masser ta femme ?" Non, bien sûr
que non, il est bien forcé de reconnaître qu'avec sa femme ils se
massent nus. "Et bien, pourquoi est-ce que tu ne te mets pas nu pour me
masser ?" Silence. "Ne t'inquiéte pas, j'ai l'habitude, je suis
naturiste, tu sais bien, j'en ai vu d'autres !" Re-silence. "Chez les
naturistes, on se masse beaucoup, et nous sommes en permanence nus, et
il n'y a vraiment rien de mal à ça, d'ailleurs."
Je vois qu'il hésite sur la façon de prendre ma remarque. Quand
il a retrouvé l'usage de sa voix, il me demande : "Sérieux ?" Bien sûr
que j'étais sérieuse, tout à fait sérieuse, l'idée de m'habiller pour
donner un massage ne me serait jamais venue à l'esprit. Et en même
temps Luc m'amuse, avec sa pudeur paralysante que je ne peux m'empêcher
de trouver légèrement ridicule mais tellement mignonne en même temps,
presque enfantine. C'est toujours une découverte pour ceux qui sont
naturistes de longue date de découvrir que pour les autres il n'est pas
évident de dissocier nudité et sexualité. Il est certain que pour Luc
se mettre le sexe à l'air pour masser une femme représente une
difficulté qu'il ne sait comment surmonter.
J'ai envie de faire quelque chose pour lui, de lui montrer qu'il
se fait une montagne d'un tout petit problème. "Allez, ne sois pas
bête, Luc." Pleine de bonne volonté, je me lève du lit, je m'approche
de lui d'un pas, mes seins se balançant frénétiquement, je saisis la
ceinture de son short à deux mains de part et d'autre de sa petite
bedaine naissante et je tire vers le bas pour lui montrer comme il est
simple de se déshabiller. Ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est que le
short se bloque à mi-hauteur, un obstacle inattendu empêchant la fin de
sa descente: j'ai rarement eu l'occasion de voir une érection aussi
spectaculaire que celle qui bloque ma tentative de déshabiller Luc.
Cette fois c'en est trop, et j'éclate d'un rire qui me plie en
deux. Je ne peux quand même pas laisser Luc comme ça, à regarder
fixement droit devant lui, paralysé, son short baissé jusqu'en haut des
cuisses, le ventre et les fesse à l'air, l'élastique distendu par son
pénis ! Je trouve à peine la force dans mon fou rire de finir ce que
j'ai commencé, de relâcher l'élastique pour faire passer la ceinture
par-dessus son pénis dressé qui, libéré, fait un bond comme un ressort
pour rejoindre la verticale, pendant que le visage de Luc a une couleur
assortie à celle de son gland.
Je parviens quand même à calmer mon rire pour articuler quelques
mots : "Alors ça, Luc, c'est quelque chose qu'on ne voit jamais chez
les naturistes ! On vit nu parmi les gens nus en permanence, et ça ne
nous met pas dans des états pareils." Je me met à lui parler de mon
club naturiste près de chez moi, lui expliquant que les hommes et les
femmes y vivent ensemble, nus et sereins, comme autant d'Adam et d'Eve
avant le serpent. Tout en parlant, je me dirige vers la kitchenette de
son bungalow et je lui demande si on peut faire du café. Quelques
minutes plus tard nous sommes assis sur le lit à discuter comme de
vieux copains, une tasse à la main, tous les deux nus, seins et
testicules pendant, ses cuisses et fesses blanches et poilues contre
mes cuisses et fesses lisses et bronzées, comme si tout ceci était tout
à fait naturel. Et c'est naturel, tout à fait naturel. Son érection se
calme, il retrouve sa voix. Je me sens un peu comme une maîtresse
d'école qui vient de pacifier un enfant énervé : quand je juge qu'il
est assez calme, nous retournons vers le lit qui nous sert de table de
massage. Et là, enfin, il me masse longuement, moi toute nue, lui tout
nu ; je sens parfois son pénis un instant entrer par hasard en contact
avec mes seins ou caresser mon derrière. Mais je ne l'ai pas senti une
seule fois durcir. Il fait des progrès, ce garçon.
Il finit par tout connaître de mon corps ; il a remarqué la
cicatrice sur mon bas ventre, et je lui explique que j'avais dû avoir
une césarienne pour la naissance de mon second fils parce que le bébé
était trop gros pour la largeur de mon bassin, alors que mon premier,
qui était plus petit, était né par les voies naturelles, et je le vois
qui spontanément regarde mon bassin pour en vérifier la largeur, sans
même y penser, ainsi que mes "voies naturelles"… d'une façon tout à
fait naturelle. Je lui indique la petite fente juste sous mon sein
gauche, que l'on n'aperçoit qu'en étirant la peau brune de ma poitrine
jusqu'à ce que sa teinte s'éclaircisse, résultat d'une alerte quelques
années auparavant. Il essaie d'exploiter à son tour son appendicite,
mais j'ai une bonne longueur d'avance dans le domaine des cicatrices
avec l'opération qui avait suivi mon accident.
Je lui fais remarquer que j'aurais peut-être dû me faire tailler
un peu la toison avant de partir, attirant son attention sur quelques
poils noirs qui me remontent en direction du ventre ; mais je n'avais
pas l'habitude de le faire, et je n'avais pas voulu changer mes
habitudes pour le petit string que je m'étais acheté spécialement pour
ici ; je m'aperçois qu'il est capable de discuter de poils et de
toisons intimes avec moi calmement, en paix. Il me fait une remarque
sur mon bronzage, et veut savoir pourquoi j'ai ces deux croissants
quasiment blancs en haut des cuisses, sous les fesses. Il connaît mon
corps en détail maintenant, dans ses recoins les plus intimes, et il
est totalement à l'aise, calme, en paix. C'est naturel, comme je le lui
avais dit.
Lorsqu'il a terminé, je lui offre de le masser à mon tour. Je ne
lui avais pas dit que j'avais la technique, mais en fait je masse aussi
bien que lui — ou presque, parce qu'il a vraiment une technique
excellente — et sans doute depuis plus longtemps que lui, vu notre
différence d'âge. Je sens les muscles de ses mollets se relâcher sous
mes mains, ses cuisses se délier, ses épaules s'adoucir, ses fesses se
relâcher comme celles d'un bébé. Je lui fais un massage total, sans
oublier le ventre, ni l'intérieur des cuisses, ni les fessiers. J'ai
toujours une tendresse particulière pour les fesses masculines ; elles
n'ont pas l'aspect massif des nôtres, elles sont parfois même
légèrement concaves sur les côtés. Les nôtres sont des armes de
séduction, les leurs des machines, plus musclées, plus efficaces. Et
quand les hommes sont allongés sur le ventre, leurs bourses, visibles
entre leurs cuisses et comprimées sous leurs poids, la peau bien
tendue, m'ont toujours semblé beaucoup plus jolies que quand elles
pendouillent fripées vues de face. Pendant ce massage, mon corps frôle
en permanence le sien, mes tétons caressant ses jambes sur toute leur
longueur ; mais je n'ai plus vu en lui de signe d'excitation sexuelle.
Il avait compris que le massage naturiste est basé sur le respect et la
confiance, il acceptait ces soins, apaisé, tranquille.
Le rythme de mon massage finit par ralentir et un grand calme
descend. Épuisés, fourbus de bien-être, d'un commun accord silencieux
nous mettons un terme à ce long après-midi. Il se lève, me remercie, et
je lui donne deux petits bisous, un sur chaque joue, en ajoutant : "Eh
bien, ce n'était pas si terrible que ça de se masser nus, hein Luc ?".
Puis, l'amusement que j'avais ressenti plus tôt me revenant, je me
penche vers son pénis, le regarde fixement et dit dans un grand éclat
de rire : "On a appris à se conduire d'une façon raisonnable
aujourd'hui, hein ?" J'ai hâte d'être de retour pour raconter cette
aventure à mon mari.
Je ramasse ma petite robe, j'ouvre la porte du bungalow sans même
l'enfiler. Nos deux bungalows n'étaient séparés que de quelques
dizaines de mètres ; un coup d'œil à gauche et à droite et je m'élance
toute nue. Je n'avais pas vu le jardinier qui, le chapeau de paille sur
la tête, se trouve à quelques mètres de moi seulement et qui dans un
grand éclat de rire me dit quelque chose en créole ; il donne
l'impression d'avoir apprécié ma course nue. Bien que ne comprenant pas
un mot de sa blague, je réponds par un grand sourire, sans chercher à
me cacher. Quand je me tourne vers Luc je vois qu'il est toujours
immobile sur le pas de sa porte à me regarder, nu lui aussi. J'ai juste
le temps de le voir me faire un geste de la main avant de me réfugier
dans ma chambre.
Je n'ai pas revu Luc pendant plusieurs mois. Les nécessités du
service firent que nous n'avons plus jamais travaillé ensemble. Mais il
me fit passer une gentille lettre quelques jours plus tard, dans lequel
il me remerciait "pour tout", écrivait-il :
"Ma chère Kayelle, nous
sommes devenus suffisamment intimes en quelques jours pour que je te
dise sans honte tout le bien que nos expériences partagées sous les
Tropiques ont fait à moi-même et à mon couple. À mon retour j'ai
retrouvé ma femme Sabine et — il n'y a qu'à toi que je peux dire ça —
nous avons fait l'amour comme cela ne nous était sans doute pas arrivé
depuis nos premières étreintes, aussi bien en durée qu'en intensité.
C'est bien sûr dû à mon absence d'une semaine, mais aussi à ta
rencontre. Je venais de vivre une aventure incroyable, je venais de
rencontrer une femme qui m'a marqué, et je crois que de ce séjour je
suis revenu changé, meilleur, plus ouvert, plus tolérant, plus
compréhensif, et plein d'amour. Je crois que je comprends mieux
certaines choses. Et en conséquence, plus que jamais j'apprécie la
gentillesse de ma femme Sabine, sa fidélité et tout ce qu'elle m'a
donné au cours des années. Comment lui raconter ce qui m'est arrivé ?
Que penserait-elle, qu'imaginerait-elle ? Et malgré tout, de toute mon
âme, je veux partager avec elle le souvenir de ce que je viens de vivre
sur notre île."
Quelques mois plus tard, une fois l'été revenu, alors que j'étais
dans la piscine de mon club naturiste, j'entends une voix qui m'appelle
avec insistance : "Kayelle ! Kayelle !". Je me retourne et je vois,
dans le soleil, Luc nu, tout blanc, mais décontracté, heureux,
équilibré. Il avait décidé d'essayer le naturisme ; il avait acheté une
revue qui comportait des adresses, des conseils pour débutants. Sa
femme, un peu surprise au début, lui avait fait confiance et après
quelques réticences vite balayées ils se sont retrouvés à l'essai dans
notre club local, tous les deux nus, Adam et Eve à la peau laiteuse au
bord d'une piscine, au milieu d'autres naturistes.
"Viens, Kayelle, je veux te présenter Sabine" Il m'entraîne à
l'autre bout de la piscine et me dit : "C'est Sabine" en me montrant
une jeune femme toute blanche. Elle est de dos, mais je reconnais la
longue chevelure blonde que j'avais admirée sur la photo de chevet de
Luc sur l'île, ainsi que les hanches un peu larges. Le hasard fait
qu'elle est justement en train de parler à mon mari Pete, ou plutôt de
l'écouter, parce que je le vois parler sans répit, comme à son
habitude. Je n'aperçois pas encore son visage ; elle s'est en partie
hissée sur la margelle, l'eau à mi-cuisse, en équilibre sur les bras,
le ventre appuyé sur le bord de la margelle, et je ne vois que sa beau
blanche, sans trace de bronzage — ses fesses surtout, un peu lourdes,
que sa position projette en arrière dans un mouvement qui est à la fois
superbe et naturel, accentuant leur masse et leur rotondité, comme un
bloc d'albâtre ou de marbre blanc. J'ai dû rester un instant à
contempler ce derrière vierge de tout contact avec le soleil, qui
attire l'attention par contraste avec la couleur uniformément beige ou
brune des naturistes qui l'entourent ; elle s'est retournée et m'a
aperçue à côté de son mari qui lui faisait signe : elle a décollé le
ventre de la margelle et en poussant sur les bras elle s'est laissée
glisser dans l'eau pour venir à ma rencontre avec un grand sourire en
faisant deux ou trois brasses, ses seins pâles et ses cheveux blonds
flottant à la surface ; quand Luc m'a présentée comme étant Kayelle,
nous nous sommes fait la bise et elle m'a tout de suite parlé avec un
sourire complice. De toute évidence, Luc avait fini par lui dire quel
rôle j'avais joué dans sa découverte des plaisirs de la nudité, et quoi
qu'elle ait pu penser dans un premier temps, elle m'était maintenant
reconnaissante. Elle avait aperçu mon regard fixé sur ses fesses, et je
lui expliquai qu'il était rare, même aux tout premiers jours de l'été,
de voir une peau aussi blanche au club. Elle m'a alors prise par le
bras et m'a dit à l'oreille : "Kayelle, tu as intérêt à bien regarder
mes fesses blanches maintenant, parce que depuis que j'ai découvert le
naturisme, je t'assure qu'elles ne vont pas le rester longtemps !"
Après m'avoir jeté un clin d'œil, elle s'élança à la surface de l'eau,
ses fesses triomphantes fendant la surface, se contractant et
s'écartant au rythme de ses brasses, tantôt d'un blanc éclatant dans le
soleil, tantôt disparaissant sous une mince couche d'eau qui les
faisait paraître bleutées, pour rejoindre son mari.
kayelle
—
un rien m'habille...
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